28 mai 2014 - Bassératou

Référendum au Burkina Faso : Charles K. Samir Somé lance une campagne de refus sur les réseaux sociaux

charles,Journaliste et blogueur, ce jeune Burkinabè vit depuis peu en Belgique. Engagé et partisan de la paix, de la liberté de presse et d’expression, il a lancé une campagne le 19 mai  2014 contre la tenue du référendum sur les réseaux sociaux notamment sur Facebook, Twitter… Un référendum, si toutefois, il est tenu, permettra au président burkinabè Blaise Compaoré, de briguer un troisième mandat. Charles Samir Somé nous parle justement de son initiative et de ce qu’il pense de la situation politique nationale.

Depuis une semaine, vous avez lancé une campagne contre le référendum sur les réseaux sociaux. Pourquoi une telle initiative ?

Avant tout propos je voudrais vous remercier pour l’intérêt que vous portez à cette campagne. Je tiens à préciser qu’au départ, l’idée n’était pas une campagne, mais une volonté personnelle d’exprimer sur Facebook mon refus du projet du référendum au Burkina Faso. Vu l’intérêt qu’a suscité ma publication du 19 mai auprès de mes amis (es) sur Facebook, l’idée nous est venue d’en faire une campagne. « C’est le lieu pour moi de dire merci à toutes ces personnes qui ont adhéré à l’idée et qui continuent de le faire massivement jusqu’à présent. Je voudrais dire un merci particulier à Ramata Soré, ma grande sœur chérie, pour son apport au succès de ce concept. La campagne antiréférendum dénommée : « Je dis NON et toi ? » est avant tout une action citoyenne.  

Cette campagne vise à réaffirmer à l’opinion nationale et internationale le refus du peuple burkinabè dans sa grande majorité de toute tentative de modification de la Constitution en son article 37 avant 2015. Au regard de l’actualité politique nationale, le président du Faso et ses partisans ne dissimulent plus leur volonté de passer par un référendum pour sauter le verrou de l’article 37 afin que Blaise Compaoré demeure au pouvoir après 27 ans de règne. Nous estimons qu’il est temps que ceux qui sont contre le référendum expriment aussi et à visage découvert leur désapprobation et leur rejet systématique vis-à-vis d’une telle mascarade. D’où le lancement de la campagne « Je dis NON et TOI ? »

Les images de la campagne, c’est-à-dire les photos des personnes qui refusent le référendum sont sur un fond noir. Y a-t-il un sens à une telle disposition ?

Il n’y a pas de signification quelconque par rapport aux couleurs des affiches que nous publions.

Quels sont les objectifs que vous poursuivez à travers cette campagne ?

Il s’agit dans un premier temps de mobiliser le plus grand nombre de Burkinabè à travers le monde via les réseaux sociaux afin qu’ils s’expriment sur ce projet . Dans un second temps, il s’agit d’empêcher la tenue du référendum comme le souhaite le pouvoir en place et le cas échéant inciter les électeurs à voter NON.

Depuis le lancement combien de personnes ont adhéré ? 

A ce jour, il est difficile d’estimer le nombre exact d’adhérents. Quant aux demandes, elles affluent quotidiennement si bien qu’on peut se dire par moment débordé.

Internet, on le sait, n’est pas accessible à un grand nombre de personnes au Burkina. Pensez-vous que le message atteindra une certaine cible, comme les populations rurales ?

C’est évident que, Internet et notamment les réseaux sociaux sont toujours réservés à une certaine catégorie de personnes dans des endroits précis. Mais nous pensons que les internautes burkinabè, aussi minime que soit leur nombre serviront de relais auprès de ceux qui n’ont pas la chance d’avoir accès à cet outil. Parce qu’il faut que chacun s’implique à quelque niveau que ce soit pour qu’au moment venu que tout le monde soit au même niveau d’informations et qu’ensemble comme un seul homme nous disions non à ce projet mafieux.

Est-vous satisfait de votre initiative ?

Pour le moment je ne parlerais pas de satisfaction. Je dirais plutôt que je suis agréablement surpris par l’envergure de cette campagne et l’engouement que cela suscite auprès des utilisateurs de Facebook. Il faut rappeler que c’était au début une initiative personnelle.

D’une façon générale, quelle est la lecture que vous faites de la situation socio-politique du Burkina Faso.

Il est évident, selon moi que le peuple burkinabè a soif de changement à tous les niveaux. Raison pour laquelle le régime Compaoré doit faire preuve de responsabilité en acceptant ce besoin de changement afin d’éviter de mettre en péril la cohésion nationale.

Avez-vous la certitude que le référendum n’aura pas lieu au regard des démarches et des convictions certaines du parti au pouvoir ?

Il serait prétentieux de ma part de certifier que le référendum n’aura pas lieu. C’est justement pour cette raison que nous devons rester vigilants et continuer la mobilisation contre ce projet impopulaire et inopportun.

Charles K. Somé est très critique sur certaines questions politiques. De quel bord politique est-il ?

A ce jour, je ne milite dans aucun parti politique

Qui êtes-vous justement ?

Un citoyen burkinabè ordinaire. Un patriote épris de justice, cyber activiste. Blogyeur sur www.borromee04.wordpress.com et administrateur de la page Facebook Espace De Liberté

 Selon beaucoup de personnes 2015 est une année de tous les dangers pour le Burkina, qu’en pensez-vous ?

De façon générale en Afrique, les années électorales sont parfois redoutées à tort ou à raison. Le sort du Burkina Faso en 2015 est entre les mains des acteurs politiques. Pour ma part, j’ose croire qu’ils feront preuve de maturité politique avec pour objectif principal l’intérêt national.

Quel est donc votre souhait ?

Mes souhaits sont simples : pas de référendum. Pas de révision de l’article 37. Pas de Sénat.

Et du changement 2015.

Interview réalisée par Bassératou Kindo

Politique Article 37 / Blaise Compaore / Burkina / Referendum /

Comments

  • Johng442 dit :

    I loved your blog article. Really Cool. kkafaegbgadc

  • Johnk760 dit :

    Totally pent subject matter, appreciate it for selective information. gadeedacakae

  • GUANTANAMO dit :

    félicitation et du courage. tes idées sont en conformité avec ta génération. depuis le l’université de Ouagadougou tu as toujours eu cette ténacité et ce dynamisme. bonne vent et encore courage.

  • tchelsy le messie dit :

    merci d’avoir lancé cette campagne. c’est une idée à la hauteur de l’engagement populaire en cours au Burkina Faso.

  • FIFI dit :

    à tous ceux qui peuvent le faire, je propose qu’on crée un blog sur les crimes de ce regime et exigeons une auto saisine des ong et organismes des droits de l’homme. trop c’est trop

  • Johna34 dit :

    I appreciate your wordpress web template, exactly where did you down load it through? cfdbdkbkdedc

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